"Je ne pourrais me repentir d'avoir trop aimé" - Graham Greene (1904-1991)
C'est en 1951, que l'écrivain britannique, Graham Greene, publie sans aucun doute ce qu'on peut appeler son « chef d'œuvre » : « La Fin d'une liaison ». Graham Greene était un homme élégant, raffiné et subtil. Un auteur persuadé qu'il n'y avait pas « de littérature sans péché ». Un homme fervent, qui a, toute sa vie, su passionnément douter de ses croyances, et s'interroger sans relâche sur les frontières entre le bien et le mal. « La fin d'une liaison » est la quintessence de sa sensibilité intelligente. Un ouvrage absolu pour ceux qui ont su « trop aimer » et se dire « A quoi sert de se confesser lorsqu'on aime le fruit de sa faute ? » (Graham Greene in « La puissance et la gloire »). « La fin d'une liaison » est une réflexion sur le destin. Un livre qui oscille entre les impératifs « haine » et « aime ». Un roman qui vous ouvre grand les portes de l'infinitude divinement douce amer de l'amour, et vous laisse le goût de la passion salée sur le bord des lèvres...ultime trace d'une larme intensément égarée. Mystique, vibrant et profond.
L'histoire : dans le Londres des années 40 secoué par les bombardements allemands, un écrivain vit une liaison passionnée avec une femme mariée, Sarah Miles. Un jour, la jeune femme coupe court à leur relation, sans consentir à s'expliquer. A la fin de la guerre, l'amant, qui a renoué avec le mari de Sarah, soupçonne l'existence d'un troisième homme. Il engage un détective pour découvrir l'identité de ce rival inconnu...
Extraits
« Elle m'avait dit :l'amour n'a pas de fin. Même si nous cessons de nous voir. Est-ce que les gens ne continuent pas d'aimer Dieu toute leur vie sans le voir ? -Ce n'est pas le même amour que le nôtre. - Je pense parfois qu'il n'en existe qu'un, répondit-elle. Tandis que je la guidais avec précaution à travers le vestibule démoli, l'éclairant de ma lampe de poche, elle ajouta : - Tout doit se passer très bien. Si notre amour est assez grand. Les vitres des fenêtres brisées craquaient sous nos pieds. Seul le vieux vitrail victorien au-dessus de la porte restait solide. Le verre écrasé devenait de la poudre blanche, comme la glace que les enfants piétinent dans les champs gelés ou sur les bords des routes. C'était la première nuit, en juin 1944, de ce que nous appelâmes, par la suite, les V 1. »
« Je sais qu'il a peur du désert qui l'environnerait si notre amour devait finir, mais il n'arrive pas à comprendre que ma crainte est exactement la même. Ce qu'il dit tout haut, je me le dis en silence et je l'écris ici. Que peut-on construire dans le désert? Parfois, à la fin d'une journée où nous avons fait l'amour très souvent, je me demande s'il n'est pas possible que le désir physique s'épuise, et je sais qu'il se le demande aussi et qu'il a peur de cette borne où commence le désert. Que ferons-nous dans le désert si nous nous perdons l'un l'autre? »
"La fin d'une liaison" a été réédité en 2000 aux éditions 10/18 (Domaine Etranger).